THE MEN WHO KEEP WATCH

DES HOMMES QUI VEILLENT

Genre : Documentaire de création - 80mn - Vidéo HD - 2017

Réalisation, image & son: Diane Sorin

Montage: Lucrezia Lippi

Lieu de tournage : Paris

Production: Diane Sorin & Les Films d'ici

Format de projection: DCP, Blu-Ray, fichier numérique

« Des hommes qui veillent » nous embarque dans le quotidien des hommes de terrain des Services funéraires - Ville de Paris. Au delà du travail qu’on leur connaît sur les obsèques, ces hommes sont en charge, notamment sur réquisition de police et pour « hygiène publique », de l’évacuation et du transport des cadavres. Intervenant en toutes circonstances, de jour comme de nuit, dans les replis de la ville - un coin de rue, une maison de retraite ou un appartement désolé - ces hommes portent chaque jour à bras le corps la mort la plus crue comme la plus ordinaire. D'après l'euphémisme professionnel, ce sont des « techniciens de convoi », mais eux tiennent au nom populaire de "croque-morts". C’est au « dépôt », au sous-sol du bâtiment administratif, qu’ils se rassemblent avant et après chaque mission. Ils ont fait de cet espace fonctionnel, à la fois vestiaire et local technique, leur sas de décompression.

Des hommes qui veillent - Trailer - 02'02

DIANE SORIN, réalisatrice

À partir d’une expérience personnelle avec "la mort", je pars en investigation, et fais de ce chemin de découverte, mon premier film.  En cinéma direct, en immersion sur huis mois, sans scénario préalable, je tente d'être au plus proche des hommes de terrain des Services Funéraires - Ville de Paris, cherchant par quel moyen rendre compte de leurs émotions, de leurs états de corps et d'âme, sans passer par le biais d'entretien ni de confession. 

Je m’attelle à coller à l’humain pour contrer le terme de « technicien ». Qu’est ce que cela fait d’être confronté à des cadavres au quotidien ? Comment une société en arrive-t-elle à considérer cet acte pourtant si symbolique, celui de ramasser et d'emporter les morts hors de la scène des vivants, comme de la simple manutention? (Qui plus est à bout de bras). Comment ces hommes se débrouillent-ils avec une telle charge?

 

J’ai imaginé ce film dès le départ comme un possible tremplin de débat et de réflexion, en tentant de donner à ressentir un quotidien, en en rapportant de l’expérience sensible qui puisse se faire l’intermédiaire d’un milieu à un autre. Le sujet (la mort, le travail et la mort) est difficile, je vois le film comme une entrée possible, une voie d’assouplissement pour permettre l’échange.

RICHARD COPANS, producteur - Les Films d’ici

 

« Un documentaire qui a un point de départ simple : « Et nous …Que faisons nous de la mort ? » Mais surprise, Diane ne filme pas le deuil d’une famille, ou elle ne suit pas la longue maladie d’un proche. Elle s’installe dans un lieu « technique »,   de là où, chaque jour, les « techniciens de convoi », ceux en charge de la « levée de corps », partent débarrasser la ville de ses morts, pour « hygiène publique ». Une petite trentaine de personnes, 7 jours sur sept, 24 heures sur 24. Obligés à la confrontation quotidienne de cadavres d’inconnus. Tous les jours et toutes les nuits. Nous sommes dans les locaux des Services Funéraires de la Ville de Paris, dans les sous-sols de la Place des Fêtes à Paris.

 

Nul sensationnalisme, nul voyeurisme. On ne verra pas les corps, Diane ne s’attarde ni sur la misère, ni sur la solitude. C’est l’après qui l’intéresse : de retour dans les locaux de la SFVP, les hommes parlent, blaguent, font récit. Ils exorcisent par la parole le voisinage direct de la mort. Le mot « catharsis » n’est pas trop fort. Dans ces longs moments, dans ces paroles fragiles, ils nous ressemblent.

 

Ce sont ces moments que Diane a filmé dans une démarche de cinéma direct. Seule, à la bonne distance des corps, des paroles et des silences. Comme elle le dit, elle « tente de donner une forme à l’état d’âme des techniciens ». Ils ne sont ni philosophes, ni moralistes. Ni plus ni moins que le tout un chacun ? Mais chaque jour, ils trouvent des mots, ils socialisent le rapport à la mort si fortement caché ou marginalisé dans nos sociétés développées.

 

Le projet est nécessaire. Il l’est pour Diane. Il l’est pour nous tous. Mais si le film existe, c’est grâce à l’acharnement de Diane Sorin, qui pendant des mois, a filmé seule, construisant des rapports de confiance avec l’équipe. »

PROJECTIONS & FESTIVALS

Festival TERRA NOSTRA : Saint Martin de Lansuscle, France : 13 octobre 2019

Festival d'anthropologie visuelle, "Les sociologues font leur cinéma": Université catholique de l'ouest, UCO, Angers: octobre 2018

Brazilian International Labour Film Festival / Mostra CineTrabalho - Sao Paulo State University, Brésil : 07 juin 2018

Festival DOC-CEVENNES - Lasalle, France : 11 mai 2018

Festival ETHNOCINECA - Vienne, Autriche : 10 mai 2018

Festival FIFEQ - Quebec, Canada : 31 mars 2018

Biennale d'architecture d'Orléans #2, FRAC Centre-Val de Loire - Université de Tours : 15 janvier 2020

 

 

 

 

Faculté des sciences médicales et paramédicales de Marseille : Novembre 2019

 

ADDOC, Atelier Recherche, Paris : 13 Mai 2019

 

La Commune libre d'Aligre - Paris : 26 mars 2018

Université Paris Nanterre: Laboratoire d’Anthropologie : 5 mars 2018

Ateliers Varan, Paris : Septembre 2017



 

Dans le cadre de la programmation « Nos années de solitude »:

Projection débat, avec Nathalie Sauget, Maîtresse de conférence en histoire contemporaine, Université de Tours

                         & Bruno Bertherat, enseignant-chercheur en histoire moderne, histoire de la mort, Université d’Avignon. Spécialiste de l’histoire des pratiques funéraires à l’époque contemporaine. Co-auteur du Livre: « Paris dernier voyage », ed. La découverte / le 104, Paris)

Projection débat avec Dominique Memmi, directrice de recherche en sciences sociales au CNRS, "La gestion politique du corps".

avec Elisabeth Gestatt Anstett, CNRS, Anthropologie sociale, Anthropologie bio-culturelle, Droit, Ethique et Santé

Avec Julien Bernard, docteur en sociologie, auteur notamment de « Croquemort. Une anthropologie des émotions », ed. Metailié